Appel à Communications

Un article de Colloque InterDisciplinaire des jeunes chercheurs nantais 2010.

En avril 2009, le 1er Colloque Interdisciplinaire des Doctorants a réuni à Nantes durant deux jours des jeunes chercheurs (doctorants, Master 2) et des chercheurs invités autour du thème de la « mémoire ». À cette occasion, la qualité des interventions pluridisciplinaires ont offert un aperçu riche permettant à chacun une ouverture et une prise de recul intéressante, voire nécessaire, sur leur discipline et leur sujet de recherche.

Pour la deuxième édition, le CID propose aux jeunes chercheurs de présenter leurs travaux sous l'angle de la création.

Sommaire

Présentation

La création de l’homme et du monde fascine et intrigue depuis toujours. C’est sans doute l’interrogation élémentaire qui a amené l’homme à construire un corpus artistique, scientifique, philosophique.

Action de faire naître, au sens propre et au sens figuré, la création évoque dans les arts, l'œuvre réalisée par un artiste, mais c’est une notion également inhérente aux sciences qui se décrivent par la recherche, la construction, la mise en œuvre de concepts neufs, d’objets nouveaux, la découverte de solutions originales. Ainsi la création peut-elle désigner tout aussi bien l’œuvre que l’action elle-même.

Que ce soit à l’échelle macroscopique ou microscopique, la création est aux fondements de la vie : la procréation et la multiplication cellulaire témoignent d’une création biologique perpétuelle. Dans cette perspective l’homme est spectateur de la création ; il l’examine, l’analyse, et tente d’en saisir les modalités mais aussi, dans un questionnement plus métaphysique, les raisons.

L’homme peut aussi s’envisager comme celui qui façonne le monde selon ses besoins physiques, psychologiques, mais aussi économiques, sociaux ou encore politiques : l’espace et le temps sont organisés en fonction de ses impératifs.

Loin de circonscrire la réflexion, la richesse de cette notion invite les jeunes chercheurs à mener une possible réflexion sur leur discipline, quelle qu’elle soit. C’est pourquoi seront acceptées les propositions examinant un aspect précis de la création ainsi que les propositions privilégiant un regard disciplinaire plus global sur la création.

Modalités de soumissions

Les propositions de communication, de 1 à 2 pages, devront présenter un aperçu de la réflexion, et articuler celle-ci autour d’une problématique et de quelques axes en lien avec « la création ». Les propositions devront intégrer une liste de mots-clés, et préciser la discipline concernée.

Les propositions de communication sont à envoyer au plus tard le 1er février 2010, à l’adresse suivante : http://www.easychair.org/conferences/?conf=cid2010

Dates importantes

  • Soumissions : 1 février 2010 ;
  • Soumission ateliers/tutoriels/démo : 1 février 2010 ;
  • Notifications aux auteurs : 1 mars 2010 ;
  • colloque : 6-7 mai 2010.

Présentation Détaillée

Pour la deuxième édition, le CID propose aux jeunes chercheurs de présenter leurs travaux sous l'angle de la création. Dans son sens originel, en latin chrétien, la création désigne la création divine du monde, avant de se laïciser et de désigner l'action d'établir une chose pour la première fois. La création caractérise donc l’action de faire naître, au sens propre et au sens figuré. La création évoque dans l'Art, l'oeuvre réalisée par un artiste, mais cette notion est également inhérente à la Science qui se décrit dans le fait de rechercher, imaginer, construire, mettre en oeuvre un concept neuf, un objet nouveau ou à découvrir une solution originale à un problème.

L’homme a toujours été fasciné et intrigué par la création : son désir de comprendre ses origines ainsi que les origines du monde est omniprésent, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, depuis les interrogations philosophiques et religieuses jusqu’aux investigations physiques permises par la technologie la plus performante. Que ce soit à l’échelle macroscopique ou microscopique, la création est aux fondements de la vie : la procréation et la multiplication cellulaire témoignent d’une création biologique perpétuelle. Dans cette perspective l’homme est spectateur de la création ; il l’examine, l’analyse, et tente d’en saisir les modalités mais aussi, dans un questionnement plus métaphysique, les raisons.

Mais l’homme n’est pas seulement interrogateur face aux phénomènes de création : il se veut également acteur de celle-ci. L’homme peut en effet s’envisager comme celui qui façonne le monde selon ses besoins physiques, psychologiques, mais aussi économiques, sociaux ou encore politique : l’espace et le temps sont bien organisés en fonction de ses impératifs. Véritable auteur de son milieu, il développe toujours davantage de techniques afin de maîtriser le plus possible le monde qui l’entoure. Inventeur et innovateur dans le domaine des arts, des sciences et des techniques ; fondateur, constructeur, architecte de son environnement ; inventif et fécond dans le domaine conceptuel : l’homme semble perpétuellement motivé par un désir démiurgique le poussant à dépasser ses limites.

Acteur de la création, l’homme l’est aussi lorsqu’il fait du langage non plus un simple vecteur de communication, mais la matière même de l’activité poétique (qui, étymologiquement, renvoie très concrètement à la notion de création, de fabrication). Mais la poésie, et plus largement la littérature, n’ont pas toujours été perçues ou valorisées en tant qu’actes de création. La figure de l’auteur qui semble aujourd’hui être intimement liée à la production littéraire – au point qu’on voit se multiplier les fictions métalittéraires, qui mettent en scène le geste créatif ou créateur – a longtemps été dépourvu de sens, notamment au Moyen-âge, ou l’écrivain était scripteur bien plus qu’auteur.

Ainsi la question de la création soulève-t-elle des interrogations dans tous les domaines disciplinaires, autant de pistes que cette deuxième édition du CID se propose d’explorer :

  • Selon Lavoisier, « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme » : la science admet-elle la notion de "création" dès lors qu’on admet la théorie de la conservation de la matière ? Comment la chimie conçoit-elle la notion de création ?
  • Quelle prise l’homme peut-il avoir sur la création biologique ? Parce que création implique nécessairement la destruction, est-il possible de lutter contre cette dégénérescence ?
  • Que penser des théories créationnistes ? Comment concilier récit de la création divine et découvertes scientifiques ?
  • Comment expliquer la création de l’homme et de l’univers ? Science, religion et philosophie sont-elles à cet égard compatibles ?
  • Qu’est-ce qui motive l’acte créateur ? Pourquoi l’homme est-il irrémédiablement poussé par le désir de produire, de fonder, d’innover ? * Existe-t-il une théorisation des démarches créatrices en sciences humaines et sociales ? Quand la volonté créatrice devient-elle désir démiurgique ?
  • La création artistique est-elle nécessairement innovation ? Quelle place la création artistique donne-t-elle à la tradition ?
  • L’acte créateur suscite-t-il toujours une perception identique selon les sociétés, selon les cultures ? Que nous révèle la création sur les représentations sociales, psychologiques, culturelles ?
  • La création au sens d’innovation est-elle propre à l’homme ?